Samedi 12 septembre 2009 6 12 /09 /2009 22:21

Coucou !

 

J’espère que vous avez tous passé un été délicieux, et point trop caniculaire. Le mien a été riche, avec quelques passages un peu rudes, mais il s’est malheureusement mal terminé, par une grippe qui m’a envoyée au trente-sixième dessous. Fait particulier : elle s’est accompagnée d’une otite, qui m’a rendue sourde pendant trois jours, et m’a fait réfléchir sur le sort de mes camarades atteints de double handicap, visuel et auditif. Je remonte la pente tout doucement, mais c’est long.

 

Avant de parler du futur, quelques dates :

-vendredi 12 juin : ma prestation de danse orientale, une belle expérience, avec la découverte du public oriental, chaleureux, enthousiaste ;

-samedi 20 et dimanche 21 juin : Fête de la Musique ; en détail, j’ai chanté :

-le duo de Fiordiliggi et Dorabella, de « Cosi » ;

-l’air du voile, de Don Carlos, de Verdi ;

-la mélodie « partir c’est mourir un peu », de Paolo Tosti ;

J’ai travaillé tout l’été à mon deuxième petit recueil poétique, Violente est la Vie, et (une petite fantaisie) à un polard. Mais il est un peu en rade : il me manque des éléments.

Tout autre chose :

-le 18 juillet, nous avons tenu notre deuxième pique-nique libertaire et c’était très bien : il y a eu beaucoup d’échanges, mêmes les filles ont parlé ! Pour en savoir plus :

www.caam.over-blog.com

 

Les projets, maintenant : comme moi, ils ont du plomb dans l’aile. J’avais plusieurs engagements au mois de septembre, dont un concert ce jour même : j’ai dû tout annuler. Cette maladie, bien ordinaire pourtant, m’a touchée à l’essentiel. Je suis tombée à un seuil d’énergie très bas, et je ne peux plus voir ma vie comme avant. Je voudrais essayer de me débarrasser d’un certain nombre de choses et de gens qui m’ennuient, qui me prennent du temps et de la force. Je voudrais (il est grand temps !) me rapprocher de mon idéal de vie, sans me lancer pour autant dans des aventures extravagantes. En vrac, quelques pistes :

-adopter un mode de vie plus écologique ;

-revenir à ma formation naturopathique et à certaines pratiques que j’ai abandonnées par fatigue et parce que j’ai accepté de me laisser « bouffer » par le métier ;

- créer un lieu de convivialité, genre café associatif auto-géré ;

-faire du théâtre de rues.

Je ne ferai certainement pas tout ça, mais voilà quelques rêves que je caresse depuis longtemps. En attendant, et de manière très immédiate, il y a mon nouveau roman qui sort : Salix. Voir ci-dessous le lancement de la souscription.

 

Amis, je termine en vous demandant votre aide, parce qu’en ce moment je peine dans la côte. Si un mot de mon discours vous intéresse, faites-le-moi savoir : ce serait peut-être l’occasion d’un échange, même ponctuel.

 

Que l’automne vous soit doux !

 

Diane

 

 

Ranguin, le 10 septembre 2009

 

 

Amis et parents proches ou lointains, salut !

 

Après le succès fracassant de mon premier roman, La Desdichada, mon éditeur préféré tente l’aventure d’en publier un deuxième : Salix. Il s’agit d’un texte beaucoup moins sombre et désespéré que le premier, en quelque sorte mon Eugénie de Fonteval à moi. C’est toujours l’histoire d’une jeune femme déficiente visuelle, mais cette fois en milieu rural. Salix est le nom du saule en latin, et l’action se situe quelque part en Provence, entre Drôme et Vaucluse. Pour les petits curieux, il y a un extrait sur mon blog :

www.dbeausoleil.over-blog.com

 

Comme pour La Desdichada, je recours à ce système de la souscription, car Michel Butin est un tout petit éditeur. Je lui suis d’autant plus reconnaissante de me faire confiance pour la deuxième fois. Si le livre vous intéresse, le plus simple est de vous adresser à lui :

 

Michel Butin éditeur

19 rue Jean Mermoz

37390 La Membrolle-sur-Choisille

Tél. : 02 47 54 07 83

E-mail : editionphoneme@orange.fr

 

Le livre devrait sortir d’ici la fin de l’année. Et je garde la bonne nouvelle pour la fin : il sera moins cher que le premier, dans les 15 €, un peu plus pour les braillistes. En effet, une version Braille pourra être fournie, ainsi qu’une version sonore. Choisissez !

 

Amitiés à tous !

 

 

Diane BEAUSOLEIL

 

 

Par diane beausoleil
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Jeudi 3 septembre 2009 4 03 /09 /2009 21:49

Soirée Paella et Chapeaux  

 

image002.gif@01CA19C5     

 

Organisée par le groupe relais cannois de l’Association des Paralysés de France des Alpes Maritimes. Pour bien terminer l’été, une grande fête ouverte à

toute personne handicapée et à leur famille, à la handi plage de Cannes. Le repas sera rythmé par la musique du groupe « caféine ».  

 

Samedi 05 Septembre à 19H 

 

15€ la soirée

 

Au menu : apéritif, salade de crudités, paella, dessert et boissons.  

 

(ATTENTION : 20 € pour les inscriptions après le 31/08.) 

 

Nous vous conseillons de vous inscrire au plus vite, (les places sont limitées) auprès du service Animation de l’APF au 04-92-07-98-04.   

 

 

Hélas ! non, je n’y serai pas, car Dame Grippe me tient.

Amusez-vous bien, vous me raconterez,

 

Diane

Par diane beausoleil
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Samedi 15 août 2009 6 15 /08 /2009 21:03

 

Soirée Paella et Chapeaux  

 

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Organisée par le groupe relais cannois de l’Association des Paralysés de France des Alpes Maritimes. Pour bien terminer l’été, une grande fête ouverte à

toute personne handicapée et à leur famille, à la handi plage de Cannes. Le repas sera rythmé par la musique du groupe « caféine ».  

 

Samedi 05 Septembre à 19H 

 

15€ la soirée

 

Au menu : apéritif, salade de crudités, paella, dessert et boissons.  

 

(ATTENTION : 20 € pour les inscriptions après le 31/08.) 

 

Nous vous conseillons de vous inscrire au plus vite, (les places sont limitées) auprès du service Animation de l’APF au 04-92-07-98-04.   

 

 

J’y serai !

 

Diane

Par diane beausoleil
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Dimanche 9 août 2009 7 09 /08 /2009 23:55

 

 

 

 

 

Diane BEAUSOLEIL

 

 

 

 

 

LE GRENIER DE LA REPUBLIQUE

 

 

 

 

 

Fantaisie burlesco-romantico-révolutionnaire

 

 

 

XX

Vocation

 

Mirabelle fut bien heureuse de trouver son père seul à la cuisine. Sa mère était partie chez sa coiffeuse, pour y être à l’ouverture, car, là comme ailleurs, elle avait horreur d’attendre. Le comte posa à sa fille quelques questions bienveillantes sur sa santé. Après quelques réponses convenues, elle dit :

« Père, je dois vous parler.

-Vous êtes bien solennelle, ma chérie. Vous devriez d’abord déjeuner un peu.

-Non, non, plus tard !

-Eh bien ! je vous écoute.

-Père, j’ai une permission à vous demander.

-Laquelle, mon enfant ?

-Je désire entrer au Carmel. »

Le comte, qui était en train de se verser du café, avait failli tout lâcher. Il reposa en toute hâte la tasse et la cafetière, toutes deux en fort belle porcelaine, héritage de sa grand-tante la douairière. La chose lui parut si invraisemblable qu’il s’esclama :

« Hein ? »

Mirabelle répéta plus bas :

« Je voudrais entrer au Carmel. »

Monsieur de Saint-Ange était le plus tendre des pères. Mais en cette occasion, il ne prit pas de gants :

« Quelle folie ! Je vais finir par penser que notre bon docteur n’avait pas tort. Mirabelle, plaisantez-vous ? Vous êtes pieuse, je le sais, sans doute plus exaltée que pieuse, mais de là à vous enfermer derrière des grilles pour le reste de vos jours ! J’ai le plus grand respect pour les épouses du Seigneur, mais je n’ai aucune envie de vous voir entrer dans le céleste sérail. Vous n’êtes pas faite pour cela, j’en suis bien sûr ! Vous traversez une crise de désespoir, comme bien des jeunes gens, mais vous en sortirez. Au moins, ma fille, au moins, si celui qui vous désespère était digne de vous…

-Père, je vous en prie !

-Un bellâtre sans âme, qui use de ses charmes pour se faire entretenir et vivre dans la pire oisiveté ! Telle que vous êtes, vous avez fait plus d’études qu’il n’en fera jamais. C’est un dégénéré, un ivrogne et un… »

Il s’arrêta. Comment expliquer à cette colombe ce qu’était la drogue ? Elle se taisait, foudroyée : son dernier appui s’écroulait. Son père vit sa détresse et en fut bouleversé. Il conclut plus doucement :

« Ne me parlez plus jamais de Carmel, sinon, je vous déshérite. »

Il s’approcha de la jeune fille et lui caressa les cheveux :

« Allons, Mirabellita, du courage ! Allons, nous vous trouverons un gentil mari. Dans quelques années, seulement : vous êtes bien jeune. En attendant, gardez l’espérandce. »

Il venait de penser à un de ses amis, d’origine espagnole lui aussi, dont le fils, étudiant timide aux grands yeux pensifs, et affecté d’une légère boiterie nullement disgracieuse, donnait des cours de mathématiques. Mirabelle aurait grand besoin d’une remise à niveau.

Mirabelle se résolut à espérer.

 

 

 

XXI

Dea ex machina

 

Nul ne peut s’imaginer ce qu’il fallut de courage à Mirabelle pour s’adapter à son nouveau collège. Les premiers jours furent un enfer. Ses condisciples la regardaient comme une bête curieuse. Les enseignants, eux aussi, la considéraient d’un œil soupçonneux, les uns parce qu’elle venait du privé, les autres parce qu’elle s’en était fait chasser. Tous les soirs, elle rentrait chez elle en larmes. La comtesse, très inquiète au fond, en tenait pour la manière forte :

« Mira, si vous êtes malade, je vais vous soigner. Je connais une méthode infaillible pour les déprimés : les coups de pied au cul. »

A la troisième fois, le comte lui glissa :

« Ecoutez, chère amie : les coups de pied au derrière sont comme les antibiotiques. Ils sont efficaces, mais ils doivent rester une thérapeutique d’esception. »

Alors il prit la situation en main. Tous les soirs, il emmena sa fille en promenade, ou au concert, ou au musée. Non seulement ces sorties procurèrent à Mirabelle une distraction salutaire, mais elles lui permirent de briller en classe une fois ou deux. Un jour enfin, le professeur de français s’aperçut que cette jeune fille réservée, qu’il avait d’abord prise pour une pimbêche, avait une fort jolie plume et une exquise sensibilité.

De leur côté, Colombe et Malika échafaudaient plan sur plan, tous plus machiavéliques les uns que les autres, pour revoir leur amie au plus tôt. La mère Séraphine s’ingéniait à leur rendre la tâche impossible, non par méchanceté vraie, mais par inconscience du mal qu’elle faisait et certitude d’avoir raison. Les jeunes filles étaient prêtes à tout, même à la fugue.

Elles n’en eurent pas besoin. Une bonne fée trancha ce nœud gordien, avec la facilité des prédestinés : ce fut Aïcha, la mère de Malika. A la prière de sa fille et après avoir bien appris sa leçon, elle mit son plus joli foulard et partit pour Sainte-Scho, où elle sollicita la permission d’inviter Colombe pour la fin de semaine suivante. La supérieure, prise au débotté, ne vit pas le moyen de s’y opposer, ou le vit trop tard. Sans attendre, la belle Aïcha reprit le métro, et se rendit cette fois chez les parents de Mirabelle, à qui elle présenta la même invitation. Elle accompagnait sa demande d’un assortiment de gâteaux de sa façon, qu’elle avait habilement dérobés à la convoitise des bonnes sœurs. La comtesse lui sourit et le comte lui baisa la main.

 

 

Dans le train, entre Cannes et Toulon, 11 octobre 2008.

Dans le train, entre Cannes et Nice, 16 mai 2009.

 

 

 

Et voilà : j’espère que ce petit livre vous a plu. Je l’ai écrit pour me consoler d’un chagrin que j’ai eu. J’aimerais connaître vos impressions.

Merci et à bientôt !

 

Diane Beausoleil

 

Par diane beausoleil
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Dimanche 2 août 2009 7 02 /08 /2009 23:38

 

 

 

 

 

Diane BEAUSOLEIL

 

 

 

 

 

LE GRENIER DE LA REPUBLIQUE

 

 

 

 

 

Fantaisie burlesco-romantico-révolutionnaire

 

 

 

 

 

XVIII

Duel en chambre

 

Le médecin de famille trouva la jeune personne en bien triste état. Il commença par l’expédier se coucher, ce qui était en effet le meilleur parti. Une fois seul avec les parents, il parla de choses terribles, d’anémie, de dépression. Mais à la première syllabe de « psy », les parents se cabrèrent : pas de ça dans la famille ! Le comte ajouta même que, morbleu ! on n’était pas des intellectuels de gauche, allusion sournoise aux fréquentations de la comtesse, qui fit la moue.

Le médecin sorti, le duel commença. Ce fut la mère qui porta la première botte :

« Eh bien ! Charles, vous êtes content, je pense. Vous avez fait du beau travail, avec vos divagations et vos élucubrations d’un autre âge. Vous avez positivement fait perdre l’esprit à votre fille, qui, comme tous les adolescents, ne demandait pas mieux.

-Ma chère amie, je ne vois pas en quoi mes élucubrations seraient cause du fait que notre fille s’est éprise de ce vaurien de Miguel. Et permettez-moi de vous rappeler, sans vous offenser, que c’est vous qui l’avez invité à cet anniversaire où s’est noué tout le drame.

-Le drame ! Voilà bien de vos mots grandiloquents ! Quand je vous dis que c’est vous qui avez fait de cette pauvre fille une romantique incurable ?

-J’aimerais encore mieux, quoi qu’il m’en coûte, en avoir fait une romantique incurable, comme vous dites, qu’une de vos suffragettes à blue-jean, cheveux ras et cigarette aux lèvres.

-Pfff !... Enfin, passons. Nous voilà bien avancés : qu’allons-nous en faire maintenant ?

-Ma décision est prise.

-Sans moi, bien sûr !

-Vous voudriez peut-être que j’aille me traîner aux pieds de la mère Séraphine ? Grand merci ! Comme vous le savez, je crains la poussière. Allez-y vous-même, si c’est votre bon plaisir : je ne saurais vous en empêcher, les lois ont changé, c’est le progrès. Mais ne comptez pas sur moi ! Je refuse à jamais que ma fille remette les pieds dans un établissement qui me l’a rendue malade et désespérée.

-Alors, peut-on connaître votre magnifique décision ?

-Elle est simple : dès demain,j’irai inscrire ma fille au collège du secteur. »

La comtesse fit un bond en arrière, comme à la vue de quelque apparition diabolique :

« Vous dites ?

-Vous avez fort bien entendu.

 -Comment ? Nous aurions fait tant de sacrifices, depuis quatre ans, pour que notre fille unique finisse à l’école des gueux, avec les enfants de tourneurs et de laveuses de carreaux, les petits moricauds et métèques de toutes origines, le tout sous la garde d’instituteurs à la solde de Moscou ?

-Voulez-vous m’être agréable, Anne-Athénaïs ? Ne dites jamais plus de mal des métèques, car c’est une petite moricaude qui a sauvé la vie de votre fille, il y a quelques heures.

-Qu’est-ce que vous me chantez là ? Encore une de vos broderies !

-Soit. Mais je n’en démordrai pas : Mirabelle ira à l’école du peuple. Si elle y perd en raffinement, du moins, elle y acquerra le bon sens et la force morale que donne l’habitude des épreuves, plus que dans vos poulaillers pour jeunes dindes de race, comme celui où vous avez été élevée vous-même.

-Charles, vous êtes idiot !

-Anne-Athénaïs, vous me les brisez ! »

 

 

 

XIX

Adieux manqués

 

Mirabelle n’avait pas voulu dîner : elle ne s’était pas sentie de force à affronter les reproches de sa mère. Elle s’était endormie sitôt couchée, tant elle était rompue. Les éclats de la dispute conjugale la réveillèrent, mais elle attendit en vain le retour du sommeil. Elle essaya de lire ; mais son livre chéri, Les Destinées d’Alfred de Vigny, était resté à l’école avec ses affaires. Peu à peu, la maison se calma.

Alors, tout lui manqua : son petit lit de pensionnaire, et même la paillasse qu’elle avait partagée, une nuit durant, avec Malika. Elle regretta ses amies, toutes ses autres compagnes, et même les sœurs, certaines du moins. Elle se leva, se mit à marcher dans sa chambre, de plus en plus vite, à tourner comme une mouche prisonnière qui se cogne aux vitres. Comment vivre ? Et cette question, mille fois répétée, en ramenait sans cesse une autre, son contraire : prise dans cette oscillation infernale, Mirabelle se sentait devenir folle.

Soudain, poussée par un mystérieux instinct, elle s’arrêta devant son bureau et laissa aller ses mains. Tous ses cadeaux d’anniversaire y étaient encore étalés, tout un fatras de parfums, d’accessoires de toilette, deux ou trois disques, une peluche, et le foulard. Le foulard aux papillons ! Elle murmura :

« Merci, Miguel ! »

Elle le déplia, le palpa, l’embrassa passionnément. Puis elle en noua l’extrémité à la poignée de la fenêtre, et le reste, comme elle put. Elle ne pria pas, mais pensa à Dieu comme à un ami compatissant qui lui tendait les bras.

Les nœuds étaient mal faits : ils cédèrent.

 

 

Prochain et dernier épisode : lundi 10 août.
Par diane beausoleil
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