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Ranguin, le 20 décembre 2011.
Mes chers, très chers, inestimables,
Ce blog a trois ans. Je l’ai délaissé pendant plusieurs mois, pour une bête raison technique : je n’arrivais plus à mettre mes textes en ligne. Je dois un remerciement particulier à Michel, qui ma trouvé la solution.
Qu’ai-je fait cette année ? Rien, peu de chose, ou presque !
En janvier, suite au décès de notre ancien président Antoine Thivel, j’ai pris la présidence de l’Association des Libres Penseurs des Alpes-Maritimes (ALPAM). Vous l’avez remarqué, on parle beaucoup de laïcité ces derniers temps : nous avons donc beaucoup de travail. Merci, Sarko ! Mon premier soin, en collaboration avec mes camarades, a été de publier un communiqué pour dire bien clairement que nous n’avions rien à voir avec la laïcité façon Marine Le Pen. Ce communiqué a paru dans notre journal La Raison Militante. Je garde un souvenir émerveillé de notre congrès national à Piriac-sur-Mer, en Loire-Atlantique. Et ce n’est pas pour le muscadet, car je suis abstinente d’alcool depuis trois ans. Mais l’ambiance était magnifique, authentiquement fraternelle, et j’ai rencontré là-bas quelques êtres humains fabuleux, notamment une vieille institutrice bretonne, militante laïque de toujours, qui m’a rappelé Emilie Carles.
Parallèlement, j’ai continué mes activités au CAAM :
Mais là, j’ai eu quelques passages difficiles. L’intervention en Libye a enfiévré les esprits, et nous avons eu mail à partir avec quelques fortes personnalités. Comme je le fais quelquefois dans les moments de crise, j’ai fait un bilan détaillé de mon engagement libertaire. Conclusion de bilan : je continue. L’année prochaine, je voudrais reprendre mes projets d’émission pour notre radio :
Je pensais plus particulièrement à deux centres d’intérêt : le handicap et le féminisme.
Pour les activités artistiques, j’ai connu quelques expériences bien agréables. La Fête de la Musique m’a permis d’incarner avec bonheur une Concepcion qui me ressemble un peu. Mais j’ai eu aussi le plaisir de participer au spectacle annuel de la troupe théâtrale de l’A.V.H., La Vie en Rose. Ce n’est pas mon répertoire habituel, mais cela m’a fait du bien. Nous avons bien travaillé et bien rigolé ! Nous remettons ça le 15 janvier 2012, près de Toulon. Avis aux intéressés ! En revanche, une expérience de théâtre a tourné court. Il me semblait pourtant avoir eu un bon contact avec les participants. Mais le responsable n’a pas dû être de cet avis ; Dommage qu’il n’ait pas trouvé le temps ou le courage de me le dire !
J’ai travaillé avec Jamila, ma prof de danse orientale. Nous avons mis au point une chorégraphie sur une chanson que des amis du CAAM ont composée au sujet des événements dans le monde arabe. L’enchaînement est tout trouvé avec mes vacances en Tunisie, en compagnie de ma cousine Sacha. Et nous avons sans doute bien fait d’y aller ! En plus du soleil, de l plage et de la gentillesse de l’accueil, mon souvenir le plus marquant reste la visite de la maison du baron d’Erlanger, à Sidi Bou Saïd. On y trouve, entre autres, une magnifique collection d’instruments de musique orientale. En fait de musique, la plus belle que j’ai entendue était dans le taxi qui me ramenait à l’aéroport de Tunis : un grand chanteur tunisien, dont je n’ai malheureusement pas retenu le nom.
Pour l’écriture, mon livre en cours continue d’avancer doucement. D’ici quelques jours, je pense mettre un extrait en ligne. D’autre part, avec Michel Butin, mon éditeur préféré, nous pensions publier Le Chant des Geôliers pour la fin d’année. Mais ce projet est tout à fait passé à la trappe, et voici pourquoi.
A partir du 16 août, j’ai connu toute une série d’événements bouleversants. Le premier, terrible, a été le suicide d’un ami d’enfance, Christophe, qui ne s’est pas remis de son divorce. Sa maman, Michelle, une femme adorable, généreuse, ouverte, artiste,est une très vieille amie de ma famille. Elle a fait mon admiration par sa force de caractère.
Ensuite, j’ai eu à vivre, de loin il est vrai, la dépression de Christelle, une jeune correspondante de dix-neuf ans que j’aime beaucoup.
J’en passe, de moindre importance (mes intimes comprendront), pour arriver à la pire : le décès de ma mère, dans la nuit du 2 au 3 novembre dernier. Dix jours avant, elle avait fait un A.V.C. Elle était à moitié paralysée et ne pouvait plus parler. Sa fin de vie a été horrible. Je ne m’en console pas. Ce dimanche, elle aurait eu de la peine, car, pour des raisons bien différentes, elle aimait beaucoup Cesaria Evora et Vaclav Havel. Notre relation a été souvent difficile. Et pourtant, je sens comme une protection qui m’a été enlevée, et je ne sais que faire de ce que je n’ai pas envie d’appeler ma liberté.
Je m’arrête là pour aujourd’hui. Si vous le voulez, vous pouvez écouter avec moi le Lacrimosa, du Requiem de Mozart.
Embrassez-moi comme je vous embrasse !
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