Mardi 29 novembre 2011 2 29 /11 /Nov /2011 20:46

Bienvenue en Tunisie !

Tourisme et néo-colonialisme,

Ceux qui passent et ceux qui restent

 

 

Une semaine dans la peau d’un touriste de base,entre Tunis et Sidi-Boussaïd, c’est peu pour comprendre la situation d’ensemble d’un pays. Mais c’est assez pour saisir quelques points essentiels et se payer quelques coups de sang!

 

Rien à dire sur la qualité de l’accueil ! Un club est un étrange endroit, un microcosme coupé du monde extérieur où tout est fait pour que le client soit comblé, depuis le petit déjeuner jusqu’à la boîte de nuit. Les animateurs, plus que dévoués, plus que patients, vivent sur place, en sacrifiant totalement leur vie personnelle et familiale. La jeune employée du hammam vient de plus loin, et doit payer son taxi (pas de transports en commun) et sa nourriture, alors qu’ici la bouffe se gaspille à tour de bras. L’eau également, alors que le pays en manque. Ici, c’est le Club Méd du pauvre : voir en copie la chanson de Christian Stalla. Pour amuser la clientèle, celle des tour-opérateurs bon marché, qui souvent les traite comme des chiens, les animateurs se livrent à des pitreries indignes et d’une abyssale vulgarité. J’ai passé une soirée à me dire :

« C’est ça ou les talibans. »

Et ils ne sont pas loin, les talibans, à en juger par les ribambelles d’adolescentes voilées qu’on croise dans les rues des villes.

 

Nous nous plaignons de la parano sécuritaire. Ici, elle est à son comble. Quand on a comme moi sa chambre au rez-de-chaussée, on vous recommande de laisser les volets fermés et la valise cadenassée pendant les absences. De qui a-t-on si peur ? Serait-ce des Libyens, qui affluent ces derniers temps ? Pourtant, ceux qui logent à côté sont des riches : il n’y a qu’à voir comment les petites filles sont mises joliment. Le sentiment de méfiance est général, à l’égard des commerçants, des prestataires de service, qui (c’est bien connu !) cherchent toujours à vous arnaquer. Il y a encore les filles qui essaient de travailler discrètement, et les jeunes qui repèrent les femmes seules et cherchent à se placer : on appelle ça le « baiseness ». Deux logiques s’affrontent en permanence, celle de la survie et celle du profit, mais la balance n’est pas égale.

 

AH ! ce n’est pas joli, le tourisme de masse. Mais du moins, ceux-là ne font que passer, et il en est parmi eux qui savent respecter ceux qui les accueillent. J’espère avoir été de ceux-là. Mais le pire, ce sont ceux qui restent, qui s’installent. Il y a de tout, bien sûr. Peut-être n’ai-je pas eu de chance ; mais ceux que j’ai rencontrés sont des gens qui, disent-ils eux-mêmes, ne se plaisaient plus en France, et sont venus là pour se faire ou se refaire une vie confortable, une vie de nanti dont ils ne pouvaient même plus rêver dans leur pays d’origine. Pour eux, les loyers sont bas, les salaires dérisoires : pour trois fois rien, on peut avoir une fatma à demeure qui fait tout.

 

Mais tout privilège a un prix : ces nouveaux colons vivent dans la peur, et se claquemurent dans des quartiers réservés, où ils voisinent avec les nationaux aisés. Ils tremblent depuis la révolution, depuis qu’on a relâché tous les voyous de prison et qu’on ne voit plus un flic dans la rue. Ce qu’on voit, ce que j’ai vu à Tunis, le long de l’avenue Bourguiba, ce sont les camions militaires et les cars de C.R.S. On a laissé les barbelés autour des bâtiments publics importants. Je n’ai pas pu avoir d’échanges directs avec les habitants, mais des personnes qui connaissent le pays les trouvent tendus et inquiets. Mon vol de retour est parti avec trois heures de retard : il y a des grèves, chose inconcevable ! La parole s’est libérée : nous le voyons avec nos chauffeurs de taxi. Mais l’avenir est incertain : beaucoup craignent une prise de pouvoir par l’armée, certains la souhaitent. Une de ces expatriés dont j’ai parlé plus haut me déclare ouvertement :

« Ce pays a besoin d’être gouverné d’une main de maître. Les arabes ne connaissent que le bâton. »

                       

La dernière image qui me reste, c’est celle du souk de Tunis. Une foule serrée, houleuse, à fleur de peau. Je me fais bousculer par un autre non-voyant : comment vit-il ici ? Et je n’ose même pas imaginer la vie d’une personne en fauteuil : Tunis, à part l’aéroport, c’est le degré -1 de l’accessibilité. Parmi tous ceux que je croise, il y en a peut-être qui se feront tuer la prochaine fois, dans ce pays où on sait encore mourir pour la liberté. Je les aime.

 

18 septembre 2011

 

 

Derrière chez nous, il y a une agence,

Une agence de voyages.

Et chaque jour, en la voyant, je pense

A de lointains paysages.

L’été dernier nous avons fait la Corse.

Que ferons-nous cette année ?

 

L’été dernier, nous avons fait la Corse,

L’année d’avant la Turquie.

Il y a trois ans, nous avons fait un gosse

Et la Seine-Saint-Denis.

Et cette année, notre club va nous dire

Ce que nous allons choisir.

 

Avec ce club, on a déjà fait l’Inde

Dans un très bel hôtel-club,

Où l’on bouffait vraiment comme des dingues

Dans une ambiance de pub.

A tous les repas il y avait de la dinde.

Ah ! ce qu’on bouffe bien dans notre club !

 

Un jour, on est partis en charter,

Je ne sais dans quel pays.

Mais il y avait un bon animateur

Qui était vraiment plein d’esprit.

Il s’écrasait des gâteaux sur le nez.

Ah ! ce qu’on a pu rigoler.

 

Un jour, nous sommes sortis d village.

C’était imprudent, je crois,

Car nous avons aperçu des sauvages,

Aussi vrai que je vous vois :

« Faut pas sortir, avait dit le directeur,

Sans votre accompagnateur. »

 

En bon touriste, on n’est pas égoïste :

Quand on rencontre un mendiant,

Dans sa main on fait tomber des réglisses.

Il faut que tout le monde soit content !

Quant à nous, du fond de nos « bungaloves »,

Le soir, on chante : « Love, love, love ! »

 

Par diane beausoleil
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Mardi 29 novembre 2011 2 29 /11 /Nov /2011 20:34

L’aviez-vous remarqué ? Les deux grandes fêtes estivales illustrent à leur manière l’alliance traditionnelle du sabre et du goupillon. Mais cette année, la mesure a été comblée. On dirait que, plus la crise économique frappe fort, plus on abreuve le bon peuple de pompes militaires et religieuses. Cela fédère, paraît-il… Je passe sur le 14 juillet, non sans dire que je suis d’accord avec Eva Joly, du moins sur le point qu’on sait. J’en viens au 15 août, où on peut dire qu’il y en a eu pour tous les goûts, sauf évidemment pour les miens.

 

Ce qu’on fête le 15 août, je soupçonne que bien des catholiques ne le savent pas exactement. Passons. Nous avons donc eu droit, sur toutes les chaînes de service public comme sur les autres,au pèlerinage de Lourdes, auquel sont venus s’ajouter les préparatifs des J.M.J., journées mondials de la jeunesse… catholique (ne l’oublions pas !) Avant cela, on avait eu la grand-messe du Dalaï Lama, un personnage qu’on peut respecter en tant que représentant d’un peuple opprimé, quoique toute une jeune génération se dégage maintenant de son autorité, mais un chef religieux comme un autre, c’est-à-dire investi d’un pouvoir excessif pour un être humain. Ce 15 août au soir, j’ai frisé l’overdose en écoutant le bulletin d’informations de ma radio habituelle. Et je l’ai atteinte pour de bon quand j’ai entendu la dernière nouvelle : le tabassage en famille d’un jeune homme qui avait zappé le ramadan. Et le président du C.F.C.M. de venir expliquer benoîtement que l’observation du jeûne dépend d’un choix volontaire et libre. Apparemment, tout le monde n’est pas au courant !

 

J’allais oublier, résidente cannoise que je suis, l’hommage rendu à Hélène Vagliano, résistante communiste, où cela ? A l’église orthodoxe ! Combien de nos camarades libres penseurs dorment ainsi à l’ombre d’une croix, par la volonté de proches peu respectueux de leurs convictions!

 

Tolérants. On nous dit qu’il faut être tolérants. Sans doute ! Personne, je l’espère, ne regrette le temps des persécutions religieuses dans les pays dits communistes. Elles ont créé des blessures qui saignent encore, et n’ont fait que préparer l’émergence ou le retour en force des religions et des sectes en tous genres. Tolérante, la république (bonne fille !) ne l’est que trop en arrosant généreusement l’enseignement confessionnel, et en ouvrant largement ses espaces médiatiques à la propagande religieuse, alors que l’expression laïque doit toujours se contenter du misérable quart d’heure mensuel.

 

La tolérance, qu’est-ce au juste ? Comme le respect, qui lui est souvent associé, cette notion me semble ambiguë. Mais, pour s’en tenir à l’acception la plus courante, envers qui faut-il être tolérants ? Envers les individus, voisins, amis, famille, soit :

« La République garantit la liberté de conscience », dit l’article premier de la loi de 1905.

Malheureusement, notre tranquillité est de courte durée, car les individus, habilement pris en main, ont vite fait de former des masses agissantes, dont les pouvoirs religieux se réclament pour justifier et imposer leurs exigences. Et ces bons soldats, eux, ne sont pas tolérants quand il s’agit de menacer un journal, d’incendier un cinéma ou de molester des médecins.

 

N’en déplaise au doux et pacifique Dalaï Lama, qui le sait d’ailleurs fort bien, le Tibet indépendant a laissé l’exemple d’une dictature cléricale absolue, comme disait avec admiration un connaisseur, le Waffen S S Harrer. Le palmarès de l’église de Rome est long et brillant : citons seulement la complicité avec plusieurs grandes dictatures du siècle dernier. Omar Kayyam, des poètes, des philosophes, des mystiques, témoignent du fond de leur tombe que l’Islam cesse d’être une religion tolérante dès qu’elle prend le pouvoir. Les protestants valent-ils mieux ? Calvin n’a rien eu de plus pressé que d’envoyer au bûcher le pauvre Michel Servet. Le vieux Luther a béni la répression sanglante des révoltes paysannes.

 

C’est du passé, dit-on ? La béatification de Balaguer, confesseur de Franco, évoque un passé récent et douloureux encore pour beaucoup d’Espagnols. Dans l’Algérie actuelle, il ne fait pas bon sécher le ramadan : cela vous coûte la prison. Dans certains pays africains mis en coupe réglée par des sectes évangéliques, les homosexuels risquent la mort. Et ce sont toujours ces gens-là qui hurlent à l’intolérance et réclament l’application ou le rétablissement du délit de blasphème !

 

En France, « douce France » etc, la paix civile a été acquise et maintenue grâce aux lois laïques. Mais les religions n’ont de cesse de reconquérir le terrain perdu ou d’ouvrir de nouvelles zones d’influence. Et le plus sidérant est de voir tant de libres penseurs de conviction faire la révérence et se soumettre, au nom de la tradition, de l’amitié ou de l’harmonie familiale, ou de peur d’encourir le reproche d’intolérance. Un tel, athée convaincu, se marie à l’église ou fait baptiser ses enfants, tel autre fait circoncire son fils sous couleur d’hygiène (si possible aux frais de la sécu), telle autre porte de son plein gré le voile, au nom du droit à la soumission ou de la liberté d’obéir.

 

Ne baissons pas la garde ! Comme le combat social, comme le combat féministe, le combat laïque est toujours à recommencer et la vigilance est toujours de mise, surtout en période de crise où tant de désespérés se tournent vers le ciel, ce qui fait bien l’affaire des maîtres de ce monde :

« Les maîtres avec leurs prêtres, leurs traîtres et leurs reîtres. »

Nous n’avons aucun cadeau à faire aux inquisiteurs modernes ni aux ayatollahs de tous les temps, car eux n’ont jamais épargné et n’épargneront jamais le mécréant et l’hérétique.

 

« J’ai fait un rêve… »

J’ai rêvé que le 15 août, fête mariale, était remplacé par une fête de la mi-août, qui serait tellement plus romantique ! Et puisqu’on aime tant les célébrations, j’ajouterais bien le 17 février, anniversaire de la mort de Giordano Bruno, comme souvenir de toutes les victimes du fanatisme.

 

Une consolation m’a été accordée in extremis : la belle mobilisation de nos camarades espagnols contre les J.M.J., sévèrement réprimée par l’état socialiste. La France est la fille aînée de l’Eglise, et l’Espagne sa fille préférée. Il faut croire que, depuis l’arnaque au plat de lentilles, le droit d’aînesse ne paie plus.

 

24 août 2011

Par diane beausoleil
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Samedi 2 juillet 2011 6 02 /07 /Juil /2011 21:34

 

 

Cœur à prendre

 

 

L’âge venant, et après une longue série d’échecs amoureux, je me suis fait la réflexion suivante : notre époque se caractérise par un taux de chômage élevé et par une proportion notable de personnes seules, sans lien affectif privilégié. Y aurait-il un rapport entre ces deux faits ? Personnellement, je le pense ; mais je laisse aux sociologues le soin d’analyser finement cette troublante coïncidence. Pour ma part, j’en ai tiré la décision suivante : on devrait pouvoir chercher de l’amour comme on cherche du travail. Dans cette intention, j’ai défini quelques critères, dont je vais me servir pour décrire aussi bien ce que je cherche que ce que j’offre.

 

 

Ce qui me séduit :

1° La beauté, ou du moins l’élégance, le soin de soi. Barbu apprécié.

2° La beauté vocale, un timbre particulier, un accent.

3° Une origine étrangère, avec préférence pour les peuples opprimés.

4° Des idées de gauche, au moins humanistes, au moins écologistes.

5° Un sens du spirituel, mais surtout pas de fanatisme religieux.

6° Une origine populaire, travailleur manuel bienvenu.

7° Une vie marquée par le handicap, la maladie, les grandes épreuves.

8° Une grande culture (musique, littérature, cinéma, voyages) ; au moins, ouverture d’esprit.

9° une situation stable ; à défaut, une activité bien définie. Profiteur et squatteur de canapé, s’abstenir !

10) Une sensualité toute en douceur, plus mentale que physique.

11° Un penchant pour la nature, la campagne, les animaux.

12° Un juste équilibre entre engagement et liberté.

A éviter absolument :

1ère triade infernale : tabac, alcool, drogue.

2ème triade infernale : facho, macho, raciste.

 

 

Ce que j’ai pour séduire :

1° A défaut d’une beauté canonique, j’ai une recherche d’élégance.

2° Je fais du chant lyrique et du théâtre.

3° Je suis à 100% une enfant d’immigrés. Je vis dans le grand sud.

4° Je me situe dans la mouvance libertaire.

5° Je ne crois à rien ; mais je parle à quelqu’un ou à quelque chose quand je me sens trop seule au monde.

6° J’exerce un métier à la fois intellectuel et manuel. J’ai des origines ouvrières et paysannes, bien qu’élevée dans la petite bourgeoisie. J’ai une préférence pour les pauvres.

7° J’ai un handicap, mais je suis autonome : je n’ai pas besoin d’aide, mais d’amour.

8° Je suis romancière, musicienne et un peu danseuse.

9° Au lieu de vivre seulement en rentière, j’ai choisi d’exercer un métier.

10° Vous verrez bien…

11° J’ai trop souffert du manque de liberté. L’engagement me fait peur, mais cela se travaille.

12° J’aime le feu de bois, le bruit de l’eau et mon aide animalière.

A propos des deux triades infernales :

1° je n’ai jamais touché une cigarette ni un joint, et je suis abstinente d’alcool ;

2° je suis une révoltée, une femme blessée et une citoyenne du monde.

 

Merci de diffuser, aussi largement que vous le voudrez !

 

Mon adresse :

vocedidonna@free.fr

 

Par diane beausoleil
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Jeudi 5 mai 2011 4 05 /05 /Mai /2011 14:26

Diane y était avec le drapeau qui fallait

 

                                                        IMG_0362.JPG

Par diane beausoleil
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Dimanche 10 avril 2011 7 10 /04 /Avr /2011 22:26

Voici un air du Stabat Mater de Haydn, que j'ai chanté aujourd'hui en répétition. Le concert aura lieu samedi prochain.

Par diane beausoleil
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